Andreï Kirilenko va bien, et c’est tout Utah qui sourit !
Posté par Tinmar le 26 janvier 2010
Utah, c’est les mormons, les JO d’Hiver quelque peu arrangés… Utah c’est aussi et surtout son équipe des Jazz, avec ses mythes Karl Malone et John Stockton, son coach tout aussi mythique Jerry Sloan, son meneur All-Star ou presque Deron Williams, son power Carlos Boozer qui pourrait prolonger cet été tellement il se sent bien à Salt Lake, son sosie de Ashton Kutcher (Kyle Korver), et enfin son russe so atypique Andreï Kirilenko. Il y a 5 ans, il était considéré comme le gars qui allait porter la franchise sur ses épaules…. Quelques années plus tard, on le retrouvait en larmes et ne comprenant pas comment il a pu se retrouver sur le banc des remplaçants, aussi bas, et lui-même a évoqué un retour prématuré en Russie pour retrouver la joie de jouer. Deux ans plus tard, le russe a changé de coupe de cheveux, et contrairement à celle-ci, son apport au jeu a évolué positivement. Aujourd’hui 6ème homme de luxe si ce n’est plus, Kirilenko est peut-être celui qui peut faire des Jazz cette équipe tant redoutée, cette équipe qui peut battre n’importe qui n’importe quand, surtout dans son antre de l’Energy Solutions Arena. Utah a retrouvé Kirilenko, et le goût de la victoire avec !
Le 8 janvier dernier, Utah présentait un bilan quelque peu décevant, pusiqu’avec 17 défaites pour seulement 19 victoires, les Jazz ne faisait même plus partie des 8 meilleurs équipes de sa conférence, il est vrai très relevé. Depuis, 8 matchs se sont joués et les Jazz en ont remporté 7 : aujourd’hui à 26 victoires et 18 défaites, Utah se trouve à la 4ème place de sa conférence, seulement 2 matchs devant les Gizzlies, actuels 8ème de la conférence Ouest, mais à seulement 4 matchs derrière les Nuggets ou les Spurs ! Au sein d’une conférence super relevée, les Jazz sont actuellement en train de tirer leur épingle du jeu, et ce n’est pas un hasard : en effet, depuis 7 matchs, Jerry Sloan joue avec Kirilenko dans son starting-five, et croyez-moi, ça change sacrément la donne ! Un retour au premier plan pas du tout programmé mais tellement mérité pour le meilleur joueur de l’Euro 2007…
Car contrairement à ce que l’on peut croire, Kirilenko est un joueur extraordinaire. A l’époque surnommé « 5×5″ grâce à sa capacité à remplir toutes les colonnes de stats (plus de 5 points, 5 rebonds, 5 passes, 5 interceptions et 5 contres, et il l’a fait 3 fois dans sa carrière…), il a depuis travaillé d’autres aspect de son jeu pour aider encore plus son équipe à gagner. Les larmes qu’il a lachées en 2007 n’était pas simulées, et son coach lui avait alors dit paternellement de continuer à taffer pour aider l’équipe. Il l’a fait, comme nous le démontre ces longues et nombreuses séances de shoots effectuées avec l’ami Jeff Hornacek lors de l’été 2007 et 2008… Il l’a fait, en devenant l’un des meilleurs 6ème homme de cette ligue… Il l’a fait en refusant de participer au dernier Euro avec son équipe nationale… Il l’a fait en changeant de coupe de cheveux : le Kirilenko nouveau est arrivé ! Et Sloan l’a bien vu en replaçant le porte-drapeau de la délégation Russe aux JO de Pékin dans son starting-five, en lieu et place de CJ Miles, en chute de forme dû à diverses blessures.
Remarquant le récent retour en forme des Jazz, j’ai décidé de regarder le match des Jazz hier soir face à Phoenix. Et mon impression était la bonne…
Les Jazz sont capables du pire comme du meilleur. Le pire, c’est quand les Suns ont 17 points d’avance au début du 3ème quart. Le mieux, c’est quand les Jazz finissent avec 10 points d’avance au buzzer, grâce à une défense bien organisée et une attaque qui sait jouer en demi-court. Une action illustre bien cela : Nash mène et transmet à Stoudemire, qui s’emmêle les pinceaux à cause de Wesley Matthews. Le joueur non-drafté récupère, donne à Deron qui ne se précipite pas, privilégiant une attaque posée. Les deux équipes sont alors à égalité ou presque. Boozer fait écran et Deron accélère mais pas trop vers la droite puis transmet à Kirilenko qui a pu se démarquer en tête de raquette grâce encore à Boozer. Le russe d’une rapide touche dévie à gauche pour Matthews (esseulé, car Dragic s’était décalé pour prendre AK47) qui rentre tranquillement son 3-points. Une belle illustration d’une action travaillée encore et encore à l’entraînement.
Le match s’est terminé avec un Williams égal à lui-même (18 points 11 passes et une seule perte de balle), un Boozer digne d’être un All-Star (21 points 20 rebonds), un Matthews des grands soirs (21 points à 3/6 à 3-points) et un Andreï Kirilenko retrouvé, avec 25 points 6 rebonds et 3 contres. Une grosse présence donc du russe, qui donne à Jerry Sloan une palette différente de celle offerte par CJ Miles : moins rapide, moins shooteur, mais meilleur défenseur, meilleur rebondeur, et surtout meilleur passeur. Dans la transmission rapide comme l’aiment Jerry Sloan et Deron Williams qui contrairement à Nash ou Chris Paul n’a pas besoin du ballon pour briller, Kirilenko excelle, et avec le retour de l’excellent shooteur Kyle Korver, la qualité de passe du russe est primordiale, de même que son QI basket-ball. Pour preuve, je me suis basé sur un chiffre vu hier durant le match opposant donc les Jazz aux Suns : les joueurs de Utah ont shooté 20 fois, contre 13 tentatives en moyenne.
AP
Jusqu’au 8 janvier dernier, date à laquelle Jerry Sloan a décidé de remettre Kirilenko dans son cinq de départ, les Jazz shootait à 34,6% de réussite derrière la ligne des 3-points (4,4 shoots rentrés sur 12,8 tentés). Depuis que le russe et son excellente vision du jeu squattent le terrain depuis le début du match, les hommes de Salt Lake City shoote plus mais surtout beaucoup mieux : 6,3 tirs réussis sur 15 tentés, soit près de 41% de réussite ! Seul Phoenix shoote mieux sur la saison, mais hier ça n’a pas suffit malgré les 32 points de Goran Dragic (6/7 à 3-points), la faute à un Matthews opportuniste, à un Boozer surpuissant au rebond et donc un Kirilenko ouvreur de brêche. Le russe hier n’a délivré que 6 passes, mais en rentrant 8 de ses 12 tentatives (plus 9 lancers réussis sur 12), AK-47 a clairement pesé dans la balance, et il en fut de même pour les 7 matchs précédents : Utah est passé d’une moyenne de moins de 100 points marqués avant le 8 janvier à près de 112 points sur les 8 derniers matchs, et de l’autre côté du terrain, Utah encaisse moins d’un point de plus par soir (97,2 vs 97,8 sur les 8 derniers matchs). Donc, les Jazz est passé de + 2 à +14 points depuis le 8 janvier ! Kirilenko est un facteur plus qu’important dans cette forte hausse, mais pas seulement bien sûr : Boozer joue à un niveau extraordinaire, Williams pousse pousse pour une place au All-Star-Game, et le retour de Kyle Korver est une autre raison qu’on peut oublier facilement (55% de réussite depuis la ligne à 7m23 !!).
Aujourd’hui à la 4ème place de la très dure conférence Ouest, les Jazz peuvent rivaliser avec les meilleurs comme le montrent les récentes victoires face aux Cavs (merci Sundiata Gaines !), Spurs, Mavs ou Suns. Pour Andreï Kirilenko, cette série de victoires des Jazz le remet sur le devant de la scène, mais il lui faudra maintenir ce niveau de jeu pour faire revenir vers lui l’amour des fans : rappelons que le russe est l’un des joueurs les mieux payés de la ligue et surtout le salaire le plus élevé de l’équipe, avec 16,5M$ cette saison et 17,8M$ l’an prochain… Avec le contrat de Boozer qui arrive à expiration cet été et le nom de Okur qui apparaît de plus en plus dans la colonne des rumeurs, Kirilenko pourrait de fait redevenir l’une des première forces offensives de l’équipe, ce qui le ravirait car il l’a déjà dit, il veut finir sa carrière dans l’Utah. Mais pour l’instant, les Jazz se doivent de continuer comme ils ont débuté l’année 2010 : si Jerry Sloan arrive à maintenir cet effectif à ce niveau physique et surtout tactique, peut-être réussira-t-il enfin à s’attirer les votes pour obtenir le titre de Coach of the year… et pourquoi rêver d’une place en finale de conférence.

