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C’est officiel, Milwaukee est devenue l’équipe de Brandon Jennings, et non plus celle de Michael Redd !

Posté par Tinmar le 6 janvier 2010

On le redoutait, c’est arrivé : Milwaukee s’apprête à vivre une révolution, puisque son leader scoreur officiel depuis une demi-décennie, Michael Redd, a fait une sortie dans les médias pour déclarer son envie d’ailleurs. A désormais 30 ans, il aspire à gagner un titre, et il semblerait que Milwaukee, malgré l’arrivée fracassante du meneur de jeu Brandon Jennings, ne puisse pas lui donner ce qu’il veut…

milwaukeebucksjennings.jpg Fernando Medina/NBAE via Getty Images

Petit come-back à juin 2009 : avec son dixième choix, la formation du Wisconsin est à la recherche d’un meneur de jeu pour remplacer Ramon Sessions, en partance, et pourquoi pas pour suppléer Luke Ridnour, l’actuel titulaire. Malgré un choix de draft assez éloigné, Milwaukee aurait jeté son dévolu sur 4 noms : Jonny Flynn, Ty Lawson, Jrue Holiday, et un certain Brandon Jennings. L’histoire a voulu que Minnesota choisisse 7 meneurs de jeu, que New York passe outre et choisisse un intérieur (Jordan Hill, que je voyais d’ailleurs bien à Milwaukee à l’époque), et donc que Jennings atterrisse chez les Bucks. Quelque mois plus tard, on sait que New York a fait un sacré mauvais choix, et que Milwaukee a fait le bon : après un tiers de cette saison, Brandon Jennings, c’est 19 points accompagnés de 6 passes. C’est aussi, et ça c’est plus surprenant, un pourcentage de réussite derrière l’arc supérieur à 40%… Avec presque 5 shoots tentés par soir, celui qui a passé sa saison dernière en Italie est le plus gros shooteur à 3-points de son équipe (avec Carlos Delfino), mais également donc son meilleur artilleur. Une place qui était autrefois celle de Michael Redd… Tiens tiens, si on se penchait un peu sur la situation de Michael Redd d’avant sa grave blessure au genou ?

Depuis maintenant 6 ans, Michael Redd est le franchise-player des Bucks : son meilleur scoreur, son plus gros et meilleur shooteur à 3-points, mais aussi l’un de ses plus mauvais défenseurs (il y a deux ans, il était le seul de son équipe par exemple à faire moins de deux fautes par tranche de 36 minutes, signe rarement trompeur quant à l’implication défensive du joueur. Il en va de même cette saison). Aujourd’hui, avec l’arrivée d’un nouveau meneur, une nouvelle philosophie de jeu et surtout un shoot potable (dans l’ordre chronologique : TJ Ford, Mo Williams, Luke Ridnour et Ramon Sessions ne sont clairement pas des shooteurs), la donne a changé de main et les clés de l’équipe de  propriétaire : Michael Redd pas encore remis de sa rupture des croisés (il a manqué presque toute l’année civile 2009 à cause de cela), le coach Scott Skiles a été obligé de donner le leadership à son jeune rookie Brandon Jennings, et bien lui en a fait puisque dès son premier match, le jeune meneur a frôlé le triple-double, pour ensuite claquer 55 points lors de son 7ème match seulement dans la grande ligue !

Le phénomène était lancé, et on attendait alors tous le retour de Michael Redd pour voir Milwaukee revenir sur le devant de la scène, grâce également à Andrew Bogut, Ersan Ilyasova, Hakim Warick ou encore un Carlos Delfino méconnaissable. Malheureusement, Redd est bien revenu, mais pas au niveau auquel on l’attendait : alors qu’il est habitué à claquer ses 20 points par soir depuis ses 24 ans (il en a 30 désormais), il se contente cette saison de 12 petits points. Connu et reconnu pour son shoot longue distance (il avait été choisi pour intégrer la Redeem Team de 2008 uniquement pour cette raison), Michael Redd a vu son pourcentage de shoot chuter terriblement cette saison : avec 35% de réussite en général (contre 45% en carrière), et seulement 28% à 3-points (contre 38%), le shoot a abandonné son shooteur… Et il n’est pas parti seul, puisqu’acompagné de sa confiance en lui, mais également de la confiance de son coach, comme par exemple il y a une semaine contre Charlotte où Skiles a décidé de mettre sur le banc Bogut et Redd une bonne partie du match qui s’est au final soldé par une défaite (et 2 petits points de la part de Redd). Aujourd’hui, Redd est revenu sur cette situation quelque peu nouvelle pour lui, au micro de HoopsWorld :

« Je suis un compétiteur, et c’est une chose qui ne m’est jamais arrivé avant. [...] C’est dur, c’est dur. Je dois faire en sorte de faire regagner cette équipe, c’est la base. On a besoin qu’Andrew Bogut contribue, on a besoin que Brandon Jennings garde son niveau, mais on a aussi besoin que je joue mieux pour que l’équipe gagne. [...] A mon âge, on pense forcément au fait qu’on a joué plus de matchs qu’il ne nous en reste à jouer. [...] Le truc, c’est que j’ai envie de gagner, je veux gagner sans me soucier du reste. Je veux jouer pour un prétendant.« 

Ca y est la chose est dite : Redd a officiellement ou presque abandonné l’idée d’être le leader de cette équipe, laissant cette responsabilité au tout jeune Brandon Jennings. Bien sûr, la blessure qu’a subie l’ancien pensionnaire d’Ohio State est grave et est toujours difficile à surmonter, bien sûr Redd peut et va améliorer son jeu pour aider Milwaukee à regagner quelques matchs… Mais en même temps, a-t-il jamais voulu être ce leader ? Car il ne faut pas oublier que Redd n’a été drafté qu’au second tour en 2000, et qu’il fait partie des rares joueurs non-drafté au premier tour à avoir jamais joué un All-Star-Game (c’était en 2004). En fait, Redd, en laissant la place à Jennings, revient à celle qui est la sienne, c’est-à-dire celle d’un joueur de devoir, qui peut aider n’importe qui à remporter le titre. Ce ne sera sûrement pas Milwaukee et sûrement pas cette saison, mais qui sait, à la fin de son contrat en 2011 (il possède une option à hauteur de 18M$ en 2010 qu’il gardera forcément s’il n’est pas totalement idiot), peut-être intégrera-t-il un escadron en soutien d’une vraie star… Il aura alors 32 ans seulement, et encore quelques années de basket devant lui. Si Milwaukee se souvient de tout ce qu’a apporté Redd ces dernières années, alors ne vous étonnez de le voir partir sous d’autres cieux pour pas grand chose, si ce n’est de l’espace sous le salary cap…

4 Réponses à “C’est officiel, Milwaukee est devenue l’équipe de Brandon Jennings, et non plus celle de Michael Redd !”

  1. Lucas dit :

    J’ai jamais été trop fan de Redd, étant donné le nombre de shoteurs purs qui lui sont supérieurs dans la ligue. Il m’a toujours semblé un cran en dessous des autres joueurs de ce calibre, et en faire un franchise player a été une preuve de la faiblesse de Milwaukee.
    Aujourd’hui, il me semble logique de s’appuyer davantage sur l’axe meneur-pivot, et d’utiliser Redd dans ce rôle de shooteur qui n’est pas le leader offensif, ce qui aurait toujours du être le cas. Mais bon, je regrette vachement que Jennings soit utilisé principalement au scoring, étant donné ses incroyables qualités en matière de playmaking. Une fois que Redd sera revenu à son niveau, Jennings pourra s’exprimer pleinement, et son pourcentage aux shoots s’en ressentira étant donné l’importance offensive de MR22. Le mieux pour l’équipe, c’est Andrew Bogut en première option offensive, car il est vraiment très bon en post-up et sur pick’n'roll, avec Jennings pour alterner le jeu entre son intérieur et Michael Redd, sans oublier d’apporter son écot au tableau d’affichage. Le fait qu’il n’ait dépassé qu’une seule fois les 10 passes depuis le début de la saison est la preuve que les Bucks ont besoin d’un bon Redd pour pouvoir s’affirmer.
    Sinon, statistique assez amusante, Jennings (19 pts/matches) tourne à 25 points à domicile. Qui aurait pu penser que Milwaukee, équipe vraiment peu sexy, deviendrait le jardin d’un joueur aussi « exciting »?

  2. Tinmar dit :

    Je ne sais pas si faire de Redd un franchise-player fut une erreur : il a signé son max contract en 2004 alors qu’il n’avait que 23 ans, et qu’il sortait d’une saison pleine (82 matchs joués) à 22 points de moyenne (aec TJ Ford comme meneur…). Milwaukee aurait été idiot de ne pas le faire re-signer… La somme paraît aujourd’hui affolante (de l’ordre de 90M$ sur 6 ans), mais à l’époque, Milwaukee s’était trouvé son scoreur, on ne peut pas leur reprocher ça (surtout si on considère la taille et le glamour du Wisconsin…).
    Revenons à aujourd’hui : avec Jennings qui émerge, il est clair que l’axe meneur/pivot devient l’axe principal, mais comme avec les Spurs, un bon shooteur à 3-points est nécessaire pour faire tourner au mieux la baraque. Redd peut et doit être celui-là : malheureusement, avec un genou en chips et une confiance qui s’effrite après chaque panier manqué (il ne doit plus lui rester grand chose), Redd a peut-être aujourd’hui besoin d’un changement pour relancer sa carrière.
    Pour parler de Jennings, je ne suis pas totalement en accord avec toi Lucas : Jennings est pour moi un véritable meneur-passeur, malgré ses 55 points et « malgré » ses 20 points marqués par soir. Il l’a tweeté lui-même, ces fameux 55 points lui ont pourri son image. Mais en même temps, je pense que Skiles n’a pas le choix : qui à part lui et Bogut peuvent marquer, surtout si Redd loupe le coche comme il le fait si bien cette saison ? Ilyasova et Delfino sont bien gentils, mais Jennings reste celui qui sait le mieux scorer, Bogut n’étant pas et ne sera jamais une réelle force offensive à la Amar’e… Au mieux, si Redd continue à « strugglé », je ne serai pas étonné de voir Skiles augmenter le temps de jeu de Ridnour, faisant alterner la mène entre lui et Jennings. Je n’aime pas beaucoup cette idée, mais elle ne me paraît pas infaisable connaissant un peu le jeu de Skiles.

  3. Lucas dit :

    Jennings est un pass-first point guard, là-dessus on est d’accord -j’avais écrit un article là-dessus il y a un moment. Ca se voit dans son jeu, il ne prend que rarement le shoot quand il a une position ouverte, contrairement à Ridnour. Le souci, c’est que Milwaukee est une équipe qui a un effectif intéressant, mais composé principalement de défenseurs. Du coup, tu le vois souvent, Jennings ne prend pas le shoot, mais personne n’a réussi à se démarquer et les Bucks perdent 10 secondes.
    En début de match, Skiles le laisse faire le jeu, mais souvent il le prend à part pendant un temps mort, et lui dit en gros « maintenant il faut que tu ailles marquer, fils ». Sa capacité de drive est phénoménale, ce qui peut amener à le faire jouer comme Iverson, à mon sens une grosse erreur que Skiles a réussi à éviter. Sous la houlette d’un autre coach, qui n’aurait pas été meneur passeur, Jennings tournerait à 25 points par match, mais ça ne représenterait aucun intérêt pour le jeu des Bucks.
    De la forme de Redd dépend l’avenir de Milwaukee, Jennings ne pouvant véritablement exploser qu’en étant entouré d’options offensives valables. Le souci récurrent de l’arrière des Bucks, qui m’amène à mettre en doute la décision d’en faire le franchise player, c’est son incapacité à se créer des positions ouvertes, ce qui a toujours été pénalisant pour le type de joueur qu’il est. La présence de Jennings qui est un passeur, contrairement à Williams qui est un shooteur et Ridnour qui n’est pas grand chose, peut lui permettre de retrouver un niveau all-star.
    Dans le cas contraire, la solution Jennings-Ridnour en backcourt sera la meilleure, en tous cas elle m’avait plutôt séduit en début de saison, excepté le fait que Ridnour ne peut pas défendre un poste 2.
    Les Bucks sont en fait dans la même situtation que Chicago avant le retour de Tyrus Thomas : une équipe qui défend bien mais peine offensivement par son manque de créativité, malgré le talent de son meneur. Le salut viendra du niveau de Redd, même si son nom commence en effet à arriver dans les rumeurs de trade ( http://www.basketusa.com/news/rumeurs/22703/rumeur-du-jour-michael-redd-vers-cleveland/ ). Ce serait dommage pour une ville qui semblait revivre, j’ai vraiment senti ça contre les Warriors, quand Jennings enchaînait les 3 points, à un moment il en manque un, et le public fait un bruit monstrueux, comme si il avait raté un shoot pour la gagne. Jennings a offert une chance à cette franchise de revenir au premier plan, à elle et à Redd de lui permettre de le faire.

    PS : Moi j’aime bien Ilyasova! Offensivement c’est toujours utile d’avoir un intérieur adroit à 3 points, et il est plutôt à l’aise dans la raquette. Par contre j’attendais mieux de Hakim Warrick, qui n’en reste pas moins un joueur de rotation utile.

  4. Tinmar dit :

    Originellement, Redd sait plus ou moins (mieux que la moyenne, moins qu’une vraie go-to) se créer ses propres shoots. Cette saison, avec son genou et sa confiance en moins, il ose moins et donc shoote moins (12 shoots par soir vs 17 en genou… pardon, en temps normal). La solution serait de lui laisser le temps de récupérer mais les Bucks n’ont pas le temps pour ça s’ils veulent jouer les play-offs.
    Le 5 actuel est intéressant, avec Ilyasova (que j’aime aussi beaucoup, surtout depuis cet été avec l’équipe nationale turque), Delfino (qui a failli subir le sort de Milicic s’il était resté à Détroit) et Bogut au centre. Mbah a Moute est utile, mais comme tu l’as noté, c’est l’apport venant du banc de Hakim Warrick qui pour moi peut changer la donne quelque peu : je ne suis pas déçu par l’ancien Grizzly, car quand il rentre il apporte vraiment beaucoup d’énergie, mais voila statistiquement, il reste EXACTEMENT le même qu’avant). Il manque juste un vrai gros défenseur (à la Bowen ou à la Raja Bell) pour essayer de faire des Bucks une sorte de San Antonio de la conférence Est : Jennings rapide (et meilleur passeur) comme Parker, Bogut académique comme Duncan. Leur Ginobili peut dans ce cas de figure être Ersan Ilyasova…

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